Présence, rôles et intégration des anglicismes en français contemporain

Cod: 10570

ISBN: 978-606-26-0756-2

Editura: Editura Pro Universitaria

Data aparitiei: 05-2017

Colectia: Filologie

Pagini: 210

Format: A5

Disponibilitate: in stoc

Présence, rôles et intégration des anglicismes en français contemporain

Autor(i): Mihaela Lupu

30 lei

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L’emprunt aux langues étrangères, en général, et à l’anglais, en particulier, représente un domaine d’étude intéressant à plus d’un titre pour divers spécialistes. Les linguistes s’y intéressent parce que l’emprunt linguistique est un phénomène qui touche toutes les langues naturelles, les modèle et contribue à leur évolution, que ce soit d’une manière positive ou négative. Vu l’envergure du mouvement d’anglicisation / américanisation des langues à l’époque contemporaine, de nombreux linguistes ont dédié des études poussées à la présence des anglicismes dans leurs langues nationales (romanes et non romanes), tandis que la question des anglicismes en français est un sujet de réflexion beaucoup plus ancien et générateur de débats. Nous ne saurions négliger sa dimension transnationale, cette problématique ayant dépassé depuis longtemps les frontières géolinguistiques de la France; cela veut dire que des chercheurs de différentes nationalités s’en sont occupés.

Les anglicismes en français suscitent l’intérêt des lexicologues, des lexicographes, des terminologues et des terminographes. Les premiers, en tant que spécialistes qui étudient la dynamique lexicale de la langue française, trouvent dans la question de l’emprunt à l’anglais un terrain particulièrement fécond. Le procédé externe d’enrichissement lexical présente pour eux – et pour nous-même, évidemment, – un intérêt considérable: l’introduction de termes anglais en français ne se réduit pas à une modification purement quantitative du lexique. Bien au contraire, l’intégration des anglicismes conduit, en français, à la création de sous-ensembles lexicaux – dérivationnels, compositionnels – ainsi qu’à des déviations de l’emploi de certaines parties du discours.

Pour ce qui est des lexicographes, on constate que la présence et les fonctions remplies par les anglicismes en français les ont conduits à élaborer des dictionnaires de grandes dimensions (ayant entre 2700 et 3700 entrées), mais aussi des glossaires, des vocabulaires dédiés à certaines langues de spécialité très anglicisées. S’y ajoute l’intérêt constant manifesté par les auteurs de dictionnaires généraux à accueillir ou à rejeter les anglicismes nouveaux, en fonction de différents critères. Les terminologues et les terminographes sont également concernés par l’emprunt à l’anglais, car les anglicismes représentent une partie non négligeable des langues de spécialité qu’ils sont censés aménager, franciser, etc. Dernièrement, nous avons constaté qu’il y avait un filon que d’autres spécialistes pourraient tenter d’exploiter, à savoir les fonctions pragmatiques des anglicismes qui mériteraient une attention plus grande; des études sur ce thème pourraient jeter la lumière sur les raisons pour lesquelles certains locuteurs emploient des emprunts à l’anglais en lieu et place de termes indigènes.

Les anglicismes ont également attiré l’attention des politiques et des juristes; ceux-ci ont travaillé à la mise en place d’un cadre légal censé interdire aux fonctionnaires de l’Etat ou aux personnes morales de droit public d’employer des emprunts à l’anglais lorsqu’il existe en français un mot / syntagme de même sens. Le sujet de notre livre se trouve ainsi au carrefour de plusieurs domaines d’investigation. Pourtant, pour éviter de nous disperser dans des directions centrifuges, nous nous en sommes tenue principalement aux disciplines linguistiques. Nous avons soumis les anglicismes à plusieurs types d’analyse, à notre avis indispensables en raison de leur complémentarité: le niveau lexical illustre l’intégration et la productivité des anglicismes, le niveau morphosyntaxique offre des indices sur la stabilité des marques du genre et du nombre dans la langue d’accueil, les niveaux phonétique et orthographique permettent de relever les diverses adaptations subies par les termes empruntés du point de vue de la prononciation et de la graphie, tandis que le niveau sémantique laisse voir la dynamique du sens lors du passage d’une langue à l’autre.

Nous avons choisi de cibler notre analyse sur la presse pour deux raisons. Premièrement, elle représente un reflet très fidèle de l’anglicisation de la langue générale. Cela nous a permis de tirer des conclusions à portée large, en raison de la variété du corpus illustrant plusieurs domaines de la connaissance et de la vie quotidienne. Deuxièmement, la presse – par son omniprésence dans la société actuelle – exerce une influence considérable sur les pratiques linguistiques des usagers, en diffusant et surtout en donnant droit de cité aux anglicismes. Vu le décalage existant entre l’emploi effectif des anglicismes par les usagers au sens large du terme (journalistes, personnalités interviewées, etc.) et leur réception dans les dictionnaires de langue, nous avons pu remarquer que beaucoup de termes étaient fréquemment employés mais ne figuraient pas dans les dictionnaires (il s’agit non seulement de dérivés, mais aussi de mots-entrées). Vice versa, de nombreux anglicismes répertoriés par les dictionnaires sont sortis, entre-temps, de l’usage. Cela renforce la conviction, souvent exprimée avant nous, que le temps et les modes langagières finissent toujours par sélectionner les emprunts et que ce qui peut sembler à une certaine époque une véritable invasion linguistique ne laisse pas forcément des traces aussi profondes qu’on le craignait.

Ce livre représente la version remaniée et mise à jour de notre thèse de doctorat intitulée Les anglicismes dans la presse française contemporaine, qui a été dirigée par Madame Valentina Agrigoroaiei, professeur des Universités, et soutenue en 2005 à l’Université «Alexandru Ioan Cuza» de Iasi. Nous tenons tout particulièrement à souligner l’encadrement et le soutien constants que Madame Valentina Agrigoroaiei, qui, malheureusement, n’est plus parmi nous, nous a offerts tout au long de la documentation et de la conception de notre thèse. Etant donné la période de temps considérable qui s’est écoulée entre la soutenance de notre thèse et la publication du présent livre, nous avons eu la possibilité d’ajouter des informations et des commentaires à propos de la présence et des fonctions des anglicismes dans la presse ainsi que de leur intégration en français contemporain. Nous avons également pu enrichir l’inventaire des anglicismes avec d’autres exemples, certains très récents, ce qui permet au lecteur de ce livre d’avoir une perspective plus fidèle de l’état actuel de l’anglicisation de la langue française.

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